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vendredi 18 août 2017

De l'Effort et de la Grâce

Amen en syriaque

Le comble et le paradoxe du cheminement spirituel, c'est de pratiquer l'impraticable : l'abandon. La plupart d'entre nous arrivons avec une demande, celle d'être heureux, ou plutôt : je veux être heureux, constatant notre incapacité à l'être; et nous allons passer un certain temps à renforcer ce "je" alors que c'est lui le problème. Le "je" ne peut que vouloir, que ce soit des choses matérielles, ou des choses subtiles comme la libération, l'éveil. On va lui dire : pratique, médite, discipline ta vie, fais des efforts, mets le paquet... En même temps l'ego ne peut être libre, tous les textes le disent, comme les mots soumission (signification du terme islam), amen (ainsi soit-il), abandon, lâcher prise, mourir à soi-même... Il est fait état d'un lieu où l'ego n'a plus sa place C'est comme vouloir sa propre disparition, cela semble impossible, peine perdue. Ainsi vouloir devenir le meilleur disciple possible est bien le comble! D'un côté les efforts pour croître spirituellement, de l'autre oser l'abandon...
Certains sont fiers de leurs efforts, ce qui renforce leur ego, d'autres culpabilisent de ne pas faire assez d'effort. Tous les schémas sont possibles. 
Quand ça lâche, quand on est porté, inspiré, on parle alors de grâce. Qu'est-ce que la grâce? Pour moi, cela définit un aspect impersonnel qui ne dépend pas de nous. Cela advient, cela ne se décide pas. C'est un mystère qui nous dépasse, comme la vie elle même. Mais qu'est-ce qui peut lâcher sinon ce qui voulait, ce qui faisait un effort? Ce n'est pas en se laissant aller dans la nonchalance totale que ça va lâcher.
Dans son livre "L'Effort et la Grâce" Yvan Amar cite Poonjaji : "La grâce n'est pas le résultat de l'effort, elle est la nature même de l'effort qui veut s'en saisir."
Reste l'effort conscient, sans demande, pour arriver un jour, Inch'Allah, à l'état sans effort...

jeudi 17 août 2017

mercredi 16 août 2017

mardi 15 août 2017

Tourisme


Le tourisme est le moyen qui consiste à amener des gens 
qui seraient mieux chez eux 
dans des endroits qui seraient mieux sans eux.

Philippe Meyer


mardi 8 août 2017

Bonnes vacances

sculpture à Rosas

jeudi 27 juillet 2017

L'appel du voyage

Mosquée du Chah à Ispahan

J'aime voyager, j'aime partir vers l'inconnu, j'aime les livres de voyageurs, d'aventures, j'aime les carnets de voyage qui nous font ressentir l'ambiance des lieux, j'aime les cartes, je peux passer des heures à déchiffrer les cartes sans me lasser...
Il y a encore quelques pays qui me tentent, pour leur architecture entre autre, comme l'Iran, l'Ouzbékistan, les villes de la fameuse Route de la soie : Ispahan, Shiraz, Bukhara, Samarcande... Les mosquées et leur dômes d'un bleu étincelant, les minarets pointant vers le ciel, les mausolées, les places, la poussière, la chaleur et l'ombre rare... Cela me parle et m'appelle. Les noms sont déjà des promesses!

vue aérienne de Yazd

Hier, sur un site de voyage, je lisais les commentaires à propos d'un voyage en Iran, pays qui pourrait faire peur, tant est qu'il a été "satanisé", alors que les iraniens sont d'une rare hospitalité. Comme il faut que je me situe, j'ouvre aussi une carte pour repérer les lieux, une carte vue du ciel surtout. Et je regarde, je sens, les rues, les places, les mosquées dont je vois les photos, la sécheresse..
Tout d'un coup je m'aperçois que ça parle arabe en arrière plan, dans ma tête. Je ne connais pas l'arabe, et pourtant... Cela a duré quelques secondes, bien malgré moi, tout en émergeant d'une part de moi. J'ai été surpris, mais pas tant. Je connais mon attirance pour ces régions aux horizons désertiques.
Quand j'ai commencé à écouter vraiment, cela s'est évanoui, comme un mirage...

vue intérieure de la grande mosquée d'Ispahan

mercredi 26 juillet 2017

De la conscience et du corps

Le matin, au réveil, mon corps me laisse en général suffisamment tranquille pour que je ne le sente pas. Il est détendu, il n'est pas un poids, il n'y a pas de sensations désagréables. Reste la conscience d'être vivant, l'observation de ce qui se passe.
Un bruit se fait dans le ventre avec une sensation particulière. Je ressens parfaitement qu'il vient de se passer quelque chose complètement indépendant de ma volonté, comme étranger à moi même, je veux dire au moi  qui se prend pour le corps, identifié. Je continue de sentir le ventre, la respiration, une sorte de machine en fait, mais indépendante de la conscience que j'en ai. J'imagine le cerveau sous la boite crânienne, avec ses milliards de neurones, qui fonctionnent sans que j'y puisse grand chose. Où est la conscience là-dedans? Je n'en sais rien. Et le sait-on? Qu'est-ce que la conscience? Je n'en sais rien. Avoir conscience du monde dit extérieur, de soi-même en tant qu'être vivant, de son corps, des pensées, oui bien sûr, mais être conscient tout court, ressentir la vie sans séparation, voir que tout apparaît et s'en va, tranquillement... Tranquillement parce que rien ne s'y oppose. Juste se sentir être...

Puis l'infirmier arrive, pour un brin de toilette, m'aider à l'habillage. Redevenir vertical est une sensation particulière que je déguste chaque matin, une certaine lourdeur revient, les premiers pas sont hésitants, maladroits, je dois faire attention à l'équilibre à tout moment. De même le corps s'impose à moi très souvent pendant la journée. Prendre de la distance est plus difficile. Pourtant, là, assis, tout de suite, je ne le sens quasiment pas...
L'identification au corps est un sacré truc, vraiment! Et pour moi c'est un sacré exercice... Il faut déjà un certain calme extérieur, un contexte aidant, pour accéder plus aisément à l'intérieurité. Un lieu de retraite en quelque sorte. 
Où est le corps qui répondait à la demande sans que j'y pense? Il faudra faire sans.
Ok, c'est comme çà.
Il y a tellement de gens qui ont la tête pleine de lourdeurs perpétuelles...
Bonne journée légère!